Une imposture identitaire : l'
Une imposture identitaire : l' "odinisme asatru"

 

 

UNE IMPOSTURE IDENTITAIRE :

L’« ODINISME »

(L’arnaque de l’« odinisme » « Asatru »

et la secte associative Les Fils d’Odin)

 

Essai critique

 

 

L’« odinisme » « Asatru », un anachronisme volontaire

à seule fin de déguiser et insinuer

une doctrine politique néonazie

(Préface de l'essai)

Voici une association loi 1901[1], Les Fils d’Odin, qui constitue une énorme fumisterie, une arnaque intellectuelle, une escroquerie spirituelle, en se faisant passer en premier lieu pour un site spécialisé en culture nordique, notamment viking, en second lieu pour l’apôtre d’une religion nouvelle prétendument ancienne : l’« odinisme », appelé aussi « Asatru »[2]. L’érudition suppose en effet des connaissances profondes et un sens aigu de l’analyse. Une religion, quant à elle, se définit exclusivement comme la croyance à l’existence d’une entité supra-humaine, c’est-à-dire en une ou plusieurs divinités spirituelles, incarnées ou non ; toute autre définition est un abus.

 

Or, il s’avère, et nous allons le prouver de manière irréfutable, que Les Fils d’Odin sont en réalité un groupuscule sectaire d’extrême-droite, dont l’« odinisme » n’est ni un spiritualisme néopaïen de culture viking, ni une philosophie religieuse antique, ni une quelconque érudition analytique, mais une doctrine pseudo-religieuse et matérialiste soutenant des dogmes politiques quasi néonazis. L’ensemble se déguise sous un couvert « apolitique ». Mais la majorité des membres des Fils d’Odin, de l’aveu même de son fondateur, s’apparentent au mouvement politique d’extrême-droite dit « Identitaire »[3], plusieurs fois condamné en France pour racisme, tant par les autorités administratives de l’État (préfets) que par les tribunaux. Chacun est libre de ses idées puisque ce mouvement politique n’est pas encore interdit en France. Mais personne n’a à se faire passer pour ce qu’il n’est pas.

 

L’« odinisme » n’est donc pas une philosophie religieuse, mais l’expression politique déguisée de ces nazillons, en outre d’un petit commerce de petits escrocs. Ils ne sont ni apolitiques, ni religieux, encore moins spécialisés en culture norroise (=viking). Ils ne possèdent à cet égard aucun titre universitaire ou équivalent. La plupart sortent à l’évidence de BEP, CAP et Bacs technique et technologique. Très peu ont le niveau du baccalauréat général. Ceux qui l’ont en sont la lie. Ils conservent d'ailleurs en permanence un anonymat significatif, pour des gens qui prétendent vouloir être reconnus officiellement[4].

 

En un mot, vulgaire et plébéien, sans noblesse, au sens où il n’est pas l’héritier d’une « tradition », - non pas spirituel, mais athée, dans le sens où il n’est pas une religion, - l’« odinisme » est un pur produit de beaufs néonazis distribué en supermarché et par lequel ils arrondissent leurs fins de mois tout en racolant pour leur idées. Le prosaïsme de cette pseudo « religion » servira d’ailleurs de preuve que des intérêts purement sociopolitiques et financiers se cachent derrière ces fumeuses prétentions[5].

 

L’érudition dans la culture norroise (viking), les faits, les conclusions analytiques que chacun peut en tirer, contredisent les affirmations pseudo-religieuses et les intérêts sociopolitiques de l’association « odiniste » Les Fils d’Odin. Car, ce qu’ils désirent, eux et leurs camarades, est de trafiquer la vérité de la culture viking afin de l’identifier hypocritement comme pré-« Identitaire » aux yeux de personnes naïves, ignorantes et crédules. Et les convertir ainsi à leur idéal politique, en toute innocence.

 

Les Fils d’Odin[6], et l’« odinisme » en général[7] (qui est une nébuleuse dont l’association ici critiquée est la plus emblématique en France) servent en effet de plate-forme idéologique d’apparence anodine aux idées les plus viles de l’extrême-Droite néonazie. Les tenants de ce type d’idées se cherchent une légitimité politique en se réclamant seuls héritiers du Passé européen. Cela les regarde, et nous nous ficherions pas mal des turpitudes de ces minables. N’était qu’ils font perdre leur temps à tous ceux qui s’intéressent réellement aux cultures germaniques et païennes ! Nous prenons donc le temps de perdre le nôtre afin de prévenir celui des victimes potentielles de cette arnaque grossière. Afin aussi de défendre l’honneur de notre ancien dieu ase, Odin, et du Paganisme en général contre l’escroquerie de ces guignols, qui le souillent, qui n’en sont ni les fils pas même les bâtards, mais de pauvres couches moyennes déracinées. Enfin, et surtout, pour l’honneur de l’Intelligence et de la France, insultées par ces esprits canins qui essaient de se faire passer pour ce qu’ils ne seront jamais : des loups.

 

Le lecteur nous demandera de définir immédiatement les termes « néonazi » et « identitaire », fut-ce en quelques mots.

 

Le Nazisme était dans son essence une idéologie totalitaire, raciste et matérialiste, issue de la populace. Totalitaire, elle se voulait coercitive, imposant par la force brutale sa « Weltanschauung » (vision du monde). Raciste et matérialiste, sa vision de l’Homme comme addition d’une race s’entendait au sens le plus étriqué, le plus étroit, le plus provincial, ainsi à travers des prétentions biologiques. Populacier, il s’appuya sur les instincts les plus vils des délinquants et des couches moyennes inférieures. Le IIIe Reich ne fut jamais que l’extension de Länder allemands, plutôt d’obédience bavaroise. Impérial est un terme qui ne lui conviendra jamais, mot trop universaliste. Pangermaniste est plus approprié, car plus étriqué.

 

 

Le néonazisme est une idéologie politique se fondant sur une idéologie identique à celle du nazisme. Mais, à l’exception de quelques centaines de skinheads, la malignité des néonazis est, de nos jours, de refuser, tout au moins en public, l’affiliation hitlérienne. Ils déclarent la condamner, elle, son racisme, son antisémitisme. Il va de soi que c’est une pose. Ils possèdent en effet les mêmes fondements idéologiques que le Nazisme.

 

Les Identitaires sont une des associations politiques, peut-être la plus emblématique, du néonazisme en Europe. Ils se différencient de la Droite nationale française, héritière de Charles Maurras, nationaliste, souverainiste et catholique, un peu et parfois très aristocratique. Les Identitaires représentent l’extrême-Droite germano-européenne, qui désire l’implosion de la France sur le modèle allemand des Länder, puis sa dissolution au sein d’une entité fédérale européenne. Leur vision de l’Europe ne diffère donc pas de celle de l’Union européenne sur le plan idéologique, mais par une querelle de parti ; ce sont donc des européistes. Cette ambition profondément antifrançaise s’accompagne d’une volonté affirmée de renvoyer toutes les personnes d’origine non européenne dans le pays d’origine de leurs ancêtres, fussent-elles installées en France depuis trois ou quatre générations : le signe distinctif de l’être humain est donc selon eux la race provinciale. En un mot, le projet politique identitaire équivaut au IVe Reich. C’est l’anti-France (et, nous le verrons, la haine ignorante de la culture française est leur spécialité)[8].

 

Une comparaison révélatrice serait de dire que les Identitaires sont au Nazisme ce que les Gauchistes trotskistes sont au Communistes de 1930 : une caricature beauf, reniant le soviétisme stalinien au nom du bolchévisme trotsko-léniniste, mais possédant en définitive les même fondements idéologique qui une fois mis en application menèrent les Staline au pouvoir. Les néonazis identitaires renient Hitler, afin de mieux défendre Alfred Rosenberg et les théoriciens pangermanistes du dernier Reich. Les Maoïstes et Trotskistes furent surnommés Gauchistes ; pour prolonger notre comparaison, les Identitaires seraient des « Droitistes ».

 

 

Les dirigeants de l’association Les Fils d’Odin, association « odiniste », sont des Identitaires bien prosaïques. Mais leurs prétentions hypocritement apolitiques les apparente à la mouvance gauchiste parallèle des années 1970, celle de l’anarcho-écologisme. Les premiers écologistes, durant vingt ans, eurent en effet la prétention d’être « apolitiques », l’écologisme, la Nature, requérant une « élévation d’âme » supérieure à la vile politique. On sait ce qu’il advint de ces beaux mots lorsque leurs camarades, - nous devrions dire leur classe sociale, - arriva au pouvoir en 1981.

 

Moins élevés socialement, moins cultivés aussi que ceux de gauche, - intransigeance de l’éternelle opposition politique oblige : les bourgeois ne les ont pas rejoint, - les Identitaires sont en un mot des sous-bobos. En un mot. Un parti sous-bobo très ancré à droite, même si rassemblant des gens non extrémistes, dans le sens où des beaufs ne mouront jamais pour idées, fussent-elles néonazies. En un mot, les Identitaires sont le parti écolo des bobos de Droite. Des sous-bobos, pardon. Des gens sans âme et qui ne croient à rien ni en rien.

 

 

Nous ne sommes toutefois pas sans ignorer que certaines personnes qui se réclament de ce courant « odiniste Asatru » ne s’apparentent sincèrement pas à l’extrême droite germano-européenne[9]. Mais ce ne sont que de pauvres niaises gauchistes qu’il convient de dessiller et qui ne sont jamais directrices des associations « odinistes ». En outre, le gauchisme n’est qu’un racisme inverti. C’est la même origine sociale et intellectuelle : la couche moyenne, surtout inférieure, qui constitue le public de l’« odinisme ». Il ne peut ainsi qu’y avoir des liens jusqu’à la confusion entre droitistes et gauchistes[10]. Mais ces idées ne peuvent à terme que mener à une politique identitaire. Le but de cet essai est de le démontrer.

 

C’est donc une comédie honteuse, une arnaque grossière, une imposture ridicule, une tartufferie morale opérée sous une apparence d’érudition scientifique, que nous allons dénoncer dans les pages qui vont suivre. Car, le Paganisme viking n’était pas du tout « identitaire » : ce sont des schismatiques de la patrie française, de notre Histoire, de notre génie, de notre caractère propre, qui par leur vide veulent nous nier. Ils se sont ainsi inventés une « tradition », nordique donc étrangère bien entendu, dont jamais l’Histoire n’entendit parler, et qui leur sert à discréditer et réécrire cette dernière. 

 

L’« odinisme Asatru » se révèle ainsi à chaque page un anachronisme grossier déguisant et insinuant dans l’âme et l’esprit de ses malheureux « croyants » sous un prétexte religieux une doctrine sectaire issue d’un groupuscule néonazi, -doctrine à laquelle les "Chrétiens", tenants d'une religion "du désert" ou "sémite" (dixit l' "odinisme"), servent de Juifs. L'antichristianisme faussement "philosophique" déguise en réalité l'antisémitisme le plus racial.

 

L’« odinisme » n’est pas un Paganisme. L’« odinisme » n’est pas une religion. Mais un groupuscule sectaire à prétentions faussement religieuses et à caractère purement politique. D’ailleurs, leur doctrine religieuse trahit sa nullité en se découvrant une simple formule mathématique, non un savoir ni une réflexion, ni même une connaissance.

 

Dans un souci évident de facilité de lecture, lorsque nous affirmerons un fait objectif, une référence culturelle, nous citerons nos sources en note en bas de page. Nous nous contenterons dans tous les cas de ressembler les sources les plus sûres et les plus lumineuses. À cette fin, nous ne citerons que des livres et auteurs voire sites internet dont la qualité et la crédibilité scientifiques sont reconnues à l’unanimité, ou dont se réclament explicitement les Identitaires et « odinistes ». Ces notes ne possèderont en conséquence aucun caractère exhaustif[11]. Il va de soi qu’en ce qui concerne les dires des Fils d’Odin publiés sur la Toile, nous les citons après les avoir fait constaté leur authenticité sur internet par un huissier de Justice ; ceci précisé au cas où nos « odinistes » s’autoriseraient à modifier leurs propos puis à nous traiter de menteur.

 

Le même souci de rendre la lecture plus agréable ou plus libre nous a conduit à présenter cette critique en plusieurs articles, selon une suite logique, numérotée. Encore pouvez-vous vous contenter de nous survoler ou lire en diagonale. Grâce aux liens titrés, le lecteur sera libre en effet de consulter chaque article, essai ou critique (nous désignons l’ensemble sous le nom générique de « chronique » au sein de l’essai, puis d’« appendice » ensuite), au gré de ses goûts, de son intérêt, des sujets, de la fantaisie, du temps qu’il possède. De fait, nous avons surligné ou mis en gras ou les deux les passages essentiels. Nous avons aussi repris quelques courts paragraphes fondamentaux d’une chronique à l’autre (les répétitions, comptabilisées dans leur ensemble, doivent être de l’ordre de sept pages sur les cent trente-sept de l’essai, ce qui est relativement peu, mais qu’une lecture très attentive révèlera au détour d’une ligne, parfois). Nous avons en outre ajouté des conclusions récapitulatives à la fin chaque chronique, laquelle en constituera ainsi le développement. Lus dans leur ordre, un bon quart d’heure peut suffire à comprendre cette charge dans son entier. Nous conseillons le lecteur curieux mais pressé de lire au moins la Conclusion générale de l'essai, intitulée "L' "odinisme" est antipaïen, anti-nietzschéen et anti-France", qui résume les études de cet essai dans ses premières lignes.

 

Enfin, cet essai vise avant tout à la gaîté. Chaque article se présente comme une discussion orale ou épistolaire entre un « odiniste » et nous-mêmes. Nous ne pouvions ainsi nous autoriser à conserver ce pluriel de majesté pourtant propre aux œuvres de pensée. La dialectique doit être légère afin d’accueillir la maïeutique. Nietzsche eut dit qu’il faut savoir philosopher comme on parle aux femmes : avec toujours ce désir de séduire, de faire rire. Nous abandonnons donc ce « nous » magnifique et monarchique, mais inopportun dans les pages qui vont suivre, au profit d’un « je » plus humble, plus dubitatif, moins superbe, mais en définitive plus crédible, puisque notre propos est de démontrer, de motiver notre jugement, et non d’affirmer. Nous ne ressusciterons ce « nous » royal qu’en conclusion finale (le jugement) ou dans les notes en bas de page.

 

Dans une satire, il vaut mieux rire de la bêtise, de la veulerie et de la nullité que d’en pleurer. Ce pamphlet vise à prévenir les crédules, dont nous fûmes un court temps, comme à rire de sinistres imbéciles et dénoncer la rhétorique hypocrite d’une doctrine néonazie qui cherche à se légitimer devant l’État comme « religion » : parler des Fils d’Odin, c’est parler des Identitaires, c’est parler du IVe Reich[12].

 



[1] Précisons de suite, à l’attention de ceux qui l’ignoreraient, que la loi du 1er juillet 1901 sur les associations les définit comme un simple groupement de personne sans but lucratif (financier), et enregistrées à la préfecture. La loi de 1901 n’équivaut absolument pas à une reconnaissance qualitative, en ce sens que l’association Les Fils d’ Odin n’est pas reconnue comme une religion, mais à égalité avec l’association des Joueurs de pétanque de la commune de Trifouilly-les Oies ou avec le Club du Troisième Âge réunis près de chez vous. Les membres des Fils d’Odin ne possèdent ainsi aucune qualité supérieure à celle du premier venu pour parler de philosophie ou de religion, l’association étant anonyme, et l’appartenance à cette association ne valant donc pas diplôme scolaire ou universitaire. Précisons en outre, qu’à cette date (mars 2008), Les Fils d’Odin rassemblent une trentaine de membres et plus de quatre centaines de sympathisants.

[2] L’« odinisme » est en effet aussi souvent désigné sous le terme islandais « Asatru ». Ce dernier est cependant considéré plus restrictif par les tenants de l’« odinisme ». Toutefois, selon l’usage coutumier en vigueur, nous les userons comme de simples synonymes. Nous les placerons aussi toujours entre parenthèses car, nous nous en expliquons dans notre essai, nous refusons d’accepter ces deux mots au sein de la langue française.

[3] Il y a un débat entre « païens » identitaires et « païens » universalistes. En réalité, ces derniers sont des gauchistes écologistes perdus inconsciemment dans la mouvance politique identitaire. Les « païens » universalistes représentent en outre une minorité (15 à 20 % au maximum) au sein des associations se réclamant de l’« odinisme » « Asatru ». Ils servent essentiellement de couverture, d’« idiots utiles » aux Identitaires. En outre, l’association Les Fils d’Odin est publiquement identitaire. Nous prouverons bien entendu l’ensemble de ces éléments dans notre essai.

[4] Il est toujours délicat de savoir qui est en vérité l’interlocuteur, sur la Toile, puisque Internet est par essence anonyme. Nous sommes un jeune homme de vingt-neuf ans, diplômé en cinquième année de Droit (DESS) ; nos professeurs de la Sorbonne (Paris I) et de Sceau (Paris XI) nous considéraient comme « l’intellectuel » de la promotion ; nous étions major en Histoire du Droit, puis parmi l’élite en Philosophie du Droit. Quelques amis nous conseillaient de devenir professeur à l’Université ; nous avons dédaigné cette « carrière » ronflantes pour nous confronter à la réalité à travers l’avocature. Personne n’est obligé de croire notre biographie. Nous n’en pouvons apporter la preuve, à moins de révéler notre identité, ce dont nous nous garderons. Nous pouvons ainsi mentir en toute impunité. Il en va tout autant des membres de l’association Les Fils d’Odin, qui avance ses thèses sous couvert d’anonymat, à travers quelques pseudonymes. Nous n’avons pu en démasquer qu’un seul, Arnaud d’Apremont, qui se reconnaît franchement membre de l’association (http://www.lesfilsdodin.com/forum/viewtopic.php?t=3238&highlight=arnaud). Un certain Dragan Bathor signe aussi d’un nom en apparence civil, Pierre-Jean Bernard. Mais ce nom n’est référencé nulle part ailleurs sur Internet. La Toile est donc un lieu d’anarchie totale, où le lecteur ne peut se fier qu’à son instinct qualitatif, - s’il a l’heur d’en posséder un, - et son analyse, pour découvrir la réalité de l’auteur des lignes qu’il lui plaît de lire, pour une raison ou une autre.

 

[5] Nous sommes dans l’obligation de citer ici, de prime abord, le célèbre et lumineux texte de Lénine : « Marx a ceci de génial qu'il fut le premier à dégager et à appliquer de façon conséquente l'enseignement que comporte l'histoire universelle. Cet enseignement, c'est la doctrine de la lutte de classes. Les hommes ont toujours été et seront toujours en politique les dupes naïves des autres et d'eux-mêmes, tant qu'ils n'auront pas appris, derrière les phrases, les déclarations et les promesses morales, religieuses, politiques et sociales, à discerner les intérêts de telles ou telles classes. Les partisans des réformes et améliorations seront dupés par les défenseurs du vieil ordre de choses, aussi longtemps qu'ils n'auront pas compris que toute vieille institution, si barbare et pourrie qu'elle paraisse, est soutenue par les forces de telles ou telles classes dominantes. Et pour briser la résistance de ces classes, il n'y a qu'un moyen : trouver dans la société même qui nous entoure, puis éduquer et organiser pour la lutte, les forces qui peuvent - et doivent de par leur situation sociale - devenir la force capable de balayer le vieux et de créer le nouveau » (Les trois sources et les trois parties constitutives du marxisme, 1913).

[6] Ils ne sont pas seuls, loin de là. Les associations néopaïennes en France, « odinistes » ou apparentées (surtout celtiques, alors), déclarées en vertu de la loi de 1901 ou non, pullulent sur la Toile. De même à travers l’Occident, notamment au Royaume-Uni, en Scandinavie, en Allemagne, en Espagne et en Amérique du Nord. Citons en France par exemple la Libre Assemblée Païenne Francophone (LAPF), l’Union Païenne, la Fédération Païenne Internationale. Nombre de sites et blogs, se déclarent sympathisants « odinistes ». Mais l’association Les Fils d’Odin est à l’évidence la plus emblématique en France de ce courant d’idées, parce que la plus ambitieuse sur ce plan. C’est pourquoi nous ne nous référencerons qu’à elle. Les autres demeurant sous-entendues.

[7] L’« odinisme » n’est pas la seule « religion » ou « philosophie » néopaïenne. Certaines personnes se réclament, lisons-nous sur les sites néopaïens, d’autres « traditions païennes », par exemple : Wiccane, Celtique, Égyptienne, Hellénistique, Shinto, Védiste, Nuba. Toutefois, il faut noter que la très grande majorité des néopaïens en France sont d’obédience « celtique » ou « odiniste ». Les autres « traditions », plus ou moins inventions, en sont un sous-produit dont nous n’avons jamais pu rencontrer de représentant déclaré.

[8] Il est bien entendu hors de question d’étayer cette analyse des Identitaires dans les pages qui vont suivre immédiatement, puisqu’elles sont consacrées à l’« odinisme ». De plus, une analyse approfondie du mouvement identitaire, en Europe ou même seulement en France, mériterait un essai de plusieurs centaines de pages. L’essence des idées identitaire est néonazie, mais il existe, dans un mouvement aussi nébuleux, disons plutôt : aussi implosé, des nuances à opérer dans la superstructure. Nous ne nous référerons dans cet essai, à travers le terme « identitaire », qu’à la moelle du mouvement, à ce qui soude ces groupes et groupuscules entre eux, à savoir : une idéologie raciale et conservatrice, d’un ethnicisme figé (la branche identitaire par opposition à la branche gauchiste cosmopolite et progressiste ; sur un plan strictement qualitatif, l’une équivaut à l’autre). Toutefois, afin d’illustrer de manière irréfutable notre propos, nous exposons la réalité de notre analyse en citant et commentant quelques extraits du programme politique des Identitaires de France, dans les Premier et Deuxième Appendices, publiés à la fin de notre essai sur Les Fils d’Odin et la « religion ou « philosophie religieuse » « odiniste » « Asatru ».

[9] Citons par exemple le très ridicule et inconscient manifeste suivant, d’obédience « universaliste » : http://home.earthlink.net/~wodensharrow/HAH-fr.html 

[10] Un schéma, intitulé « L’ordre beauf en France », est publié à la fin de cette introduction afin de montrer les liens sociaux et politiques entre les publics droitistes et gauchistes.

[11] Il est important de signaler, dès à présent, que Les Fils d’Odin, association anonyme s’il en fût, n’avancent jamais aucune source livresque ni référence précises à ses thèses. Une page du site web est bien consacrée à la « bibliothèque odiniste », mais outre qu’y figurent, pour l’essentiel, des livres « odinistes » et identitaires, cette liste est un véritable capharnaüm isolé. Lorsqu’il s’agit pour Les Fils d’Odin d’étayer une affirmation précise, personne ne cite plus aucun livre non « odiniste ». Quelle est donc la preuve de leur bonne foi ? Qu’il faut les croire ! Le fondateur de l’association nous a bien affirmé que cette dernière est estimée de divers mouvements identitaires, nous répondons, outre que ces références sont purement politiques et issues d’’un seul et même parti, sans avoir jamais pu en obtenir la confirmation de ses propos par ailleurs. Peu importe en définitive, l’âme noble a le respect d’elle-même. Elle n’a nul besoin d’assommer l’adversaire de ces vanités grossières, sociales ou associatives. Sa parole suffit, ou la preuve irréfragable de sa probité. Les Fils d’Odin ont à l’évidence l’âme servile des chiens.

[12] Il est hors de question, bien entendu, d’ouvrir à travers cet essai un quelconque dialogue ou « débat dialectique » avec ces gens. Ce serait même une contradictio in adjecto, puisque notre réquisitoire vise à prouver leur stérilité intellectuelle : leur nullité. Nous ne sommes pas en effet inter pares (entre pairs) mais juge de délinquants de l’intellect. Cet essai s’adresse donc en premier lieu aux autorités françaises ou étrangères qui verraient requérir devant elles la reconnaissance officielle par l’État de l’« odinisme » « Asatru » et autres philosophies politiques et sectes religieuses apparentées, comme religion. Pour le reste, nous ne nous illusionnons pas. Nous savons très bien que notre essai n’aura aucun écho parmi la majorité des gens ignorants, incapables par leur éducation de distinguer la qualité d’un raisonnement parce qu’incapables de raisonner par eux-mêmes ou d’accepter une réalité différant de leurs désirs, dans tous les cas par paresse et lâcheté intellectuelles. Nous ne sommes pas sans ignorer en effet que l’une des grandes forces de toute secte à caractère religieux et à tendance politique, implicite ou déclarée, est de créer une camaraderie forte et encadrée, ainsi qu’une doctrine qui permet aux analphabètes de se croire cultivés à peu de frais, sans effort du cerveau, mais en récitant quelques phrases. Or, le public principal des Fils d’Odin se constitue d’adolescents esseulés et de semi-intellectuels en mal de reconnaissance sociale, tous plus illettrés les un que les autres. Nous écrivons et publions donc cet essai à l’attention d’un public pour l’essentiel cultivé et objectif, prêt à sacrifier certains plaisirs sociaux par amour de la vérité scientifique et poétique. Nous ne désespérons pas cependant de toucher des personnes qui sans être très cultivées ni politisées, possèdent encore l’instinct de la qualité et de la vérité, le seul qui nous guide dans cette étude.